Archives mensuelles : mars 2016

Pâques 1916. Les femmes irlandaises en première ligne.

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Flachra Macantsaoir a évoqué ces femmes irlandaises qui ont participé activement au soulèvement.

Le Télégramme, 27 mars 2016

Dans le soulèvement de Pâques 1916, à Dublin, qui marquera les premiers pas vers la République irlandaise, les femmes ont joué un rôle de premier ordre.

Si les femmes en Irlande ont le caractère qu’elles ont aujourd’hui, il faut regarder leur histoire, selon l’Irlandais Flacha Macantsaoir passionné par le rôle qu’elles ont joué dans l’insurrection de Pâques 1916 et les événements qui ont suivi la proclamation de la République irlandaise par Patrick Pearse. Il évoque ainsi des figures féminines telles que Countess Markievicz, une aristocrate dont les convictions socialistes et féministes ont poussé à embrasser la cause irlandaise et à prendre les armes. Elle deviendra commandant en second de l’Irish Citizen Army et dirigera la brigade féminine. Excellente chasseuse, elle participe aux combats en tant que sniper. Elle deviendra ensuite la première femme élue au parlement britannique et la première femme à être nommée ministre. « Les suffragettes en Angleterre ont partagé quelque chose avec nous. La loi prévoyait que ceux qui faisaient la grève de la faim pouvaient retourner chez eux car il ne fallait pas qu’ils meurent en prison. Ils étaient ensuite à nouveau emprisonnés. C’était le jeu du chat et de la souris », a expliqué Flacha Macantsaoir.

Une place et un rôle longtemps occultés


D’autres femmes devenues célèbres par leur engagement et leur détermination ont également retenu son attention.

C’est le cas de Hanna Sheehy-Skeffington, suffragette et féministe. « Elle refuse le baptême pour son fils à une époque où il ne fallait pas trop chercher d’ennui avec l’église », relève notamment ce dernier. Si les femmes ne prennent pas toutes les armes, elles sont d’un appui précieux notamment en transportant dans leurs jupes les munitions pour les insurgés. « Quand les Anglais ont vu que les femmes se battaient contre eux, c’était la panique et la colère », indique Fatcha qui fait le parallèle avec les femmes kurdes qui se battent aujourd’hui contre Daesh. Cette place des femmes dans le soulèment sera longtemps occultée. « De nombreuses photos où les femmes étaient présentes ont été censurées. Il ne fallait pas qu’on voit des femmes, que l’on puisse dire que l’empire britannique a été battu par des femmes », précise-t-il.

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« Centenary », une création de la TV irlandaise qui remporte tous les suffrages !

RTE Picture Conor McCabe Photography

RTE Picture Conor McCabe Photography

Lundi soir, la tv publique irlandaise RTE proposait au Bord Gais Theatre de Dublin une création de 1h30 « Centenary » consacrée au centenaire de Pâques 1916 avec la participation d’acteurs, de danseurs et de musiciens renommés comme Imelda May, Jack L, Gavin James, The High Kings, Colm Wilkinson, Danny O’Reilly, Iarla Ó Lionáird, Sharon Shannon, Dónal Lunny, John Sheahan, Celine Byrne, et Seo Linn. En présence du président Michael D. Higgins.

Résultats au-delà de toutes les espérances pour les producteurs. Le succès est au rendez-vous tant auprès des journalistes que du grand public.

Vous trouverez ci-dessous 4 extraits de ce spectacle remarquable. La totalité du spectacle est visible sur RTE player jusqu’au 27 avril.

 

 

74 e anniversaire de l’Opération Chariot sous le signe de la Révolution irlandaise

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Une soixantaine de personnes s’est rassemblée à 10h en ce lundi de Pâques au Vieux Môle à Sant-Nazer / Saint-Nazaire. Comme tous les ans le CREDIB (Centre de Recherche & Diffusion de l’Identité bretonne) et la Section Relations Internationales et Interceltiques de l’Institut Culturel de Bretagne (ICB) organisent à Saint-Nazaire une cérémonie interceltique d’hommage aux braves de l’Opération Chariot. Le 28 mars 1942, ils arrivèrent par la mer et sacrifièrent leur vie pour notre liberté. Le Cercle Celtique de Sant-Nazer a fait un hommage particulier à l’Irlande en cette année du centenaire du soulèvement de Dublin.

A 11h, pour la cérémonie officielle les couleurs irlandaises, bretonnes et interceltiques flottaient de nouveau au vent. Malgré les conditions météorologiques très difficiles les officiels, dont les représentants des vétérans de l’Opération Chariot et l’attaché militaire de l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris, ont pu remarquer cette affirmation bretonne et irlandaise. Les représentants du Cercle Celtique et du CREDIB ont déposé des bouquets de genet, symbole de la Bretagne, au pied du menhir du raid britannique.

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En fin de cérémonie, alors que les officiels français avaient du mal a cacher leur agacement, les représentants britanniques, à commencer par Kerri Harris, ont salué chaleureusement les porteurs des couleurs bretonnes. Les représentants du CREDIB ont expliqué aux Britanniques la présence des couleurs irlandaises en cette année du centenaire du «Rising» pour rendre un hommage particulier aux commandos et marins irlandais engagés dans l’Opération Chariot. Ce geste a été très bien compris dans l’esprit de rapprochement anglo-irlandais. Kerri Harris commandait la frégate Campbeltown en 2010 lors de sa venue à Saint-Nazaire. Il a rappelé son admiration pour les Nazairiens qui gardent bien vivant ce haut fait de la 2e Guerre mondiale.  Il est originaire du Devon et aime beaucoup la Bretagne.

Hubert Chémereau

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Un concert exceptionnel ce lundi soir sur RTE.

RTE propose ce lundi soir à partir de 21h35 ( soit 22h35 ici) un concert exceptionnel consacré au centenaire de Pâques 1916, « Centenary » avec la participation de grands noms de la musique irlandaise actuelle: Imelda May, Jack L, Gavin James, The High Kings, Colm Wilkinson, Danny O’Reilly, Iarla Ó Lionáird, Sharon Shannon, Dónal Lunny, John Sheahan, Celine Byrne, and Seo Linn.

Pour voir le programme de cette soirée, cliquer sur l’image ci-dessous.

RTE Picture Conor McCabe Photography

Si vous ne recevez pas RTE, vous pourrez voir ce concert sur RTE Player en cliquant sur l’image ci-dessous.

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1916-2016 : ce lundi en direct de Cork

Alors que Dublin vit ce lundi près de 400 manifestations autour du centenaire de Pâques 1916, Cork accueille la seule cérémonie officielle d’État hors de Dublin. (reportage photos Joss ar Gall).

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Le brigadier-général (équivalent de général) Philip Brennan des Forces de Défense irlandaises.

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John Hegarty présente les médailles de sa famille: The war of independence Medal – The Black and Tans The survivors Medal , National service Medal.

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Le Conseiller Declan Hurley, ancien maire de Dunmanway, ville jumelée avec Quéven.

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Le monument en mémoire de ceux qui ont combattu pour l’indépendance irlandaise.

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La mairie de Cork aux couleurs irlandaises.

Irlande. 100 ans après l’insurrection.

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Le Télégramme, 28 mars 2016

par Erwan Chartier

Des centaines de milliers d’Irlandais ont défilé, ce dimanche, dans les rues de Dublin, pour marquer le centenaire de la sanglante « insurrection de Pâques » en 1916, une rébellion armée contre la domination britannique qui a mené, quelques années plus tard, à l’indépendance du pays. Un événement enjeu de mémoire, aussi, sur cette île où la violence politique et religieuse est loin de n’être qu’un souvenir.

À l’annonce du soulèvement de Pâques 1916, le grand écrivain irlandais, William Yeats, déclara : « Une terrible beauté vient de naître ». Un siècle plus tard, les passions sont loin d’être éteintes.

Le 24 avril 1916, 750 militants républicains – dont 90 femmes – prennent position dans la capitale irlandaise sous le regard étonné, parfois hostile, voire sarcastique, des Dublinois. Ils espèrent provoquer une insurrection générale dans le reste de l’île et encercler le château de Dublin, siège du pouvoir britannique. On compte parmi eux des intellectuels comme Patrick Pearse, des syndicalistes comme le socialiste James Connolly et des militants indépendantistes. Dans la grande Poste, devenue leur quartier général, ils proclament l’indépendance.

Des centaines de civils tués


Alors que les autorités britanniques auraient pu traiter l’affaire de façon chirurgicale – d’autant que les républicains, fortement installés dans les zones rurales, refusent de participer à la « folle équipée » de Dublin -, le général Maxwell réagit de manière particulièrement brutale et ordonne l’assaut contre les barricades. Une canonnière remonte la Liffey pour bombarder la ville, tuant des centaines de civils et détruisant une partie de la ville. Les insurgés se rendent, mais la répression est terrible avec de nombreuses exécutions sommaires. Les leaders sont fusillés, à l’exception du futur président de la République, Eamon de Valera, qui possédait un passeport américain. Des milliers d’Irlandais sont envoyés dans des prisons qui deviennent autant d’« universités révolutionnaires ».

Échec militaire, succès politique

L’insurrection de 1916 est un désastre militaire, mais le sacrifice de cette avant-garde d’idéalistes irlandais sert de départ à un long et sanglant processus d’indépendance.

En décembre 1918, Sinn Féin – « Nous seuls », en gaélique – remporte 75 sièges de députés sur 105 en Irlande. L’Armée républicaine irlandaise (Ira) ne cesse de recruter, tandis que les unionistes protestants d’Irlande du Nord créent leurs milices. Les républicains irlandais forment leur propre parlement et mettent en place une administration parallèle. L’Ira harcèle les Britanniques qui envoient des paramilitaires se livrant à des atrocités. « On les a surnommés les Black and Tans, explique Pol O’Beaglaoich, de Dingle. Dans le Kerry, où j’habite, la mémoire de leurs méfaits et des exécutions est restée très vive. » En 2015, Londres a renoncé à ouvrir les archives de cette période, avec notamment les noms des informateurs de police, pour ne pas attiser les tensions.

Deux ans de guerre civile

En juillet 1921, Londres négocie avec les insurgés irlandais. Sous la menace d’une guerre totale, un traité est signé qui prévoit la création d’un État libre d’Irlande, amputé de six comtés du Nord, à majorité protestante. Les nationalistes modérés acceptent, les républicains radicaux refusent. Deux ans de guerre civile s’ensuivent.

Puis, dans les années 1930, Eamon de Valera, devenu Premier ministre, coupe les derniers liens avec la Grande-Bretagne. La République d’Irlande est proclamée en 1948.

En complément

 

Aujourd’hui à Dublin .

Des centaines de milliers de personnes assistent dans les rues de Dublin aux cérémonies officielles du centenaire de Pâques 1916 sous un grand soleil.

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Le Président Michael D Higgins

 

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Les anciennes présidentes d’Irlande, Mary McAleese, Mary Robinson et le vice-premier ministre d’Irlande du Nord, Martin McGuinness (Sinn Fein)